Critique

 

 

 Au su et au vu de la peinture conçue par Agnès Dévé, pas de problème ni de tergiversation ou de circonvolutions cérébrales à la recherche de son style : elle se déclare nettement investie par l'abstraction et si la définition de son œuvre suscite parfois une évocation plus tangible, elle n'en est que plus satisfaite, bien heureuse que le fruit de son travail créatif active ainsi la réflexion des observateurs et suscite des émotions contradictoires. Donc, pure coloriste et abstraite, Agnès Dévé captive instantanément : sa technique de finition d'une grande minutie en impose en effet chez l'amateur, fasciné par une telle définition informelle de la puissance du concept et de la perfection d'un instinct, si singulièrement affirmé par l'artiste grâce à son talent mené à son terme sans concession. En flots superbes, masses et couleurs se complètent avec une élégance assurée, aux somptueuses nuances, au gré d'un gestuel expressif et doté pourtant de mystères que la lumière et l'élan magnifient au sein d'étonnantes compositions, tantôt graves, parfois enjouées, poétiques ou diaboliques qui forment l'essentiel de son œuvre. Son inspiration a permis ainsi à Agnès Dévé d'anoblir un informel quelquefois malmené par des indigents, mais que sa personnalité rend séduisant et conquérant grâce au sortilège de l'art.

 

André Ruellan,  Critique d'Art

  

 www.art-culture-france.com

 

 

Agnès Dévé aborde la peinture comme un travail vécu en plusieurs étapes successives, reprenant l’œuvre en cours jusqu’à ce qu’elle parvienne à son point d’équilibre, grattant, ponçant, superposant les strates, les éléments, selon les besoins du moment. Les techniques qu’elle affectionne associent l’acrylique, l’huile (gras sur maigre) et le collage. A. Dévé semble préférer les couleurs sombres et tempérées, les atmosphères en clair-obscur, s’exprimant à travers des compositions informelles et pudiques. Un travail qui se donne à voir sans tapage ni discours superflu, à la manière d’une confidence, d’un chuchotement intime. Un élan vers l’imaginaire, la vie intérieure, le silence. A chacun d’y inscrire l’histoire que lui dicte sa propre sensibilité. Une peinture vaut autant par elle-même que par les rêves qu’elle fait naître chez celles et ceux qui la découvrent et prennent le temps de la recevoir.

Luis Porquet, poète et critique.

18 ème salon du Centre Régional d’Expression Artistique (CREA) à Saint-Ouen-de-Thouberbille (27)

 

Oeuvre sur papier

Prix du salon           Grand-Quevilly 2016

"TRACES" 60 x 81 Acrylique